Être ou ne pas être un con

Ahh! Là toute l’importance de comprendre la portée de nos mots! C’est en réécoutant cette scène de Team America World Police que je me suis rendu à me poser cette question : Mais qu’est-ce qu’un con? En fait, tout est dans la nature du mot.

Si Con est employé comme un adjectif, alors il est synonyme de stupide.
Par exemple: Ce film est con… Ce mec est con… etc.

Mais, si Con est utilisé comme un nom, alors il est synonyme de sexe féminin.
Par exemple: Ce film est pour les cons… Ce mec est un con… etc.

D’où l’importance de bien choisir la nature du mot, en fonction de la nature de l’insulte que l’on veut octroyer.

« Flirter »

Synonymes actuels: draguer, séduire

Ce qui a de spécial avec ce mot c’est que nous croyons qu’il est un emprunt direct de l’anglais alors qu’il n’en est point. En fait oui… mais non à la fois… Je m’explique: Flirter, au sens où nous l’entendons, est un dérivé du verbe to flirt qui signifie en anglais : »essayer d’attirer sexuellement sans intention sérieuse ». Ce qui est exact… Flirter est bel et bien un dérivé de to flirt. Or, to flirt est aussi un dérivé, mais d’un mot français! to flirt provient de l’expression fleureter qui voulait jadis dire : »Passer de fleurs en fleurs… ». La fleur étant symbole par excellence de la féminité, l’expression prend ainsi tout son sens. Voilà bien la preuve que les apparences sont bien trompeuses parfois!

« Ne pas faire long feu » et « Faire long feu »

Synonymes actuels: Rater son coup, ne pas s’attarder

Plusieurs rumeurs planent au sujet de cette expression. La forme la plus couramment utilisée est en fait une déformation du sens véritable de celle-ci. Aujourd’hui, ne pas faire long feu, signifie rater son coup. – Fred est allé voir la belle jeune fille…. Elle lui a donné une de ces giffles!
– Ouais! Faut dire qu’il n’a pas fait long feu… Cette utilisation de cette expression est une erreur puisque « n’a pas fait long feu » est utilisée dans le sens d’avoir raté son coup…Or c’est l’expression faire long feu qui veut exprimer le fait de rater quelque chose. > le Nouveau Petit Robert: « Faire long feu se dit d?une cartouche dont l?amorce brûle trop lentement, de sorte que le coup manque son but » et signifie au figuré « ne pas produire son effet, échouer » Là où on ne doit pas se tromper, c’est que l’expression ne pas faire long feu peut aussi être utilisée. Elle signifie « ne pas s?attarder » (faisant référence à la même amorce qui brûle trop lentement). Les expressions sont donc utilisées à tort même si elles ne sont pas des contraires directs. Celles-ci sont évidentes dans leurs contextes; l?une, plus ancienne, est surtout littéraire, l?autre, plus usuelle à l’oral. Le tout est de ne pas se tromper lorsqu’on les utilise!

« Bonhomme sept-heures »

Synonymes actuels: Monstre terrifiant, marchand de sable

Le bonhomme sept-heures est devenu avec le temps, une part intégrante du folklore québécois. Le terme bonhomme sept-heures est, encore une fois, une transformation d’une expression anglophone qui provient de la Nouvelle-France. En ces temps de durs labeurs dans les champs, les médecins étaient denrée rare. Celui qui s’occupait de soigner les gens n’était alors qu’un autre colon qui passait de maison en maison après sa journée de travail (environ 7h00) pour réparer les membres brisés de la journée. Nécessairement, celui-ci n’était pas qualifié pour ce genre de travail et surtout n’avait pas le temps de chômer. Il nous est donc possible de comprendre que ces interventions étaient rudres et douloureuses. Or ces cris étaient très bien perceptibles au travers champs et pâturages, faisant peur aux enfants qui n’étaient pas encore au lit. Ce ramancheur désigné se fera surnommer le Bone setter, qui, par déviation linguistique, est devenu : Bonhomme sept-heures! Que de crédibilité! Il passait justement à cette heure! (oh c’est juste après coup que je l’ai compris celle-là)

« Enfirouâper »

synonymes actuels : Tromper, duper, avaler, se faire attraper

Enfirouâper est une expression québécoise très obscure… Elle nous viens du XVIIe siècle alors que nous étions toujours une colonie française. En ces temps-à, le commerce de fourrures va bon train. Les peaux filent en direction de l’Europe, emballées en ballots qui sont chargés sur des navires. Pour qu’un ballot soit considéré comme valable, il doit être pesé. Or, les marchands voulant vendre le plus de ballots avec le moins de peaux possible, emballaient de grosses pierres dans ceux-ci pour en trafiquer le poids. On disait alors qu’il était « in fur wraped » (emballé dans la fourrure). Cela fut associé à l’escroquerie et, avec le temps, le terme finira par se métamorphoser en « enfirouâper ».

« Pissou »

Synonymes actuels: peureux, froussards

Le terme « pissou » nous vient du temps de l’Amérique britannique. Dans ces temps-là, les Canadiens-français mangeaient beaucoup de soupe aux pois, mets, semple-t-il, typiquement franco-canadien. Les « pea soup » que les Anglo-canadiens nous appelaient! Avec le temps le mot s’est déformé pour « Pissou ». À l’origine donc, ce mot désignait « Canadien-français » et non pas « peureux, froussard »…Le terme est devenu péjoratif par la suite: les Canadiens-anglais traitaient souvent les Canadiens-français de peureux. (On s’est toujours taquiné faut-il croire!) Par habitude, on s’est mis à appeler les peureux et les froussards des Pissous!