Est-ce que toutes les opinions se valent ?

Toutes les opinions se valent, c’est ce que peut laisser entendre une interprétation de l’idée répandue selon laquelle «chacun à droit à son opinion». À la fin d’une discussion où vous avez démontré que son argumentation n’était pas solide, il peut arriver qu’il dise : «De toute façon, chacun a droit à son opinion.»

Examinons ce qu’il entend par là.

Probablement veut-il dire: «Même si tu as démontré que ma position n’est pas justifiée, je la garde quand même. Ce n’est pas parce qu’une discussion me montre que j’ai tord que de défendre une position que je vais changer d’idée ou de nuancer ma position.»

Dans un tel cas, la discussion n’aura pas servi à grand chose! Si cette personne affirme qu’elle ne se soucie pas du tout que ses opinions soient rationnellement justifìées, elle n’accepte pas une des règles de base du jeu de l’argumentation. Donc, l’idée que tout le monde a droit à son opinion, servie à la fin de la discusion pour indiquer qu’on a pas changé d’idée, peu importe quelle a été l’issue de la discussion, est peu valable.

Pierre Blackburn, Logique de l’argumentation, p.211, ERPI 1989

L’Histoire est-elle une science?

Je me demande si l’histoire est une science. D’après le dictionnaire, la Science est la connaissance relative à des phénomènes obéissant à des lois et vérifiés par des méthodes expérimentales. Ici, il nous est possible de regarder de plus près les trois composantes de la science : l’observation, l’expérimentation et les lois. Aussi, selon le philosophe Karl Popper, une théorie n’est scientifiquement acceptable que si, telle qu’elle est présentée, elle peut être réfutable, c?est-à-dire soumise à des tests expérimentaux. La connaissance scientifique est ainsi l’ensemble des théories qui ont jusqu’alors résisté à la réfutation. Ceci étant dit, pouvons-nous réfuter l’histoire? Je crois que non… Jamais nous ne pourrons prouver l’histoire. La seule manière avec laquelle nous pourons PROUVER l’histoire, c’est en la visitant avec un engin voyageant dans le temps. Et si nous arrivons à voyager dans le temps… Est-ce que l’histoire existera toujours ou ne restera-t-il qu’une multitude de présents? Mais là, je m’écarte du sujet. La science n’est pas aussi une activité qui cherche la vérité, l’absolu? Puisque l’histoire a comme base le temps, qui est en perpétuel changement, il sera donc impossible à arriver à une réponse absolue! L’historien, par la force des choses sera toujours contraint à continuer de chercher, jusqu’à ce que le temps termine… Ce qui est humainement impensable! En somme, à mon avis, l’Histoire n’est pas une science… C’est l’Histoire. Point.

Mauvaise publicité

Je crois que de dire: «La Terre est en péril» est une bien mauvaise publicité et peu efficace… N’est-ce pas faire l’autruche que de dire que c’est la planète qui à un problème et pas nous? Nous avons une vision anthropocentrique de l’avenir de la Terre. Détrompons-nous, nous ne faisons pas plus de mal à la Terre en ce moment qu’une centaine de puces sur le crâne d’un éléphant.

Il serait plus juste et choquant de dire: «L’Être Humain est en péril»! car, lorsque l’humain ne pourra plus vivre et ensuite survivre, c’est l’humain qui s’éteindra… pas la Terre. Je crois que c’est d’écarter le problème véritable que de nous dire que «la Terre» est en danger… Ça a beaucoup moins d’impact vous trouvez pas? Pour ceux et celles qui aimeraient se rappeler ce que je pense de la pollution, l’effet de serre et tout le reste, je vous invite à relire ce billet de mon cru.

L’histoire est-elle une science? : la réponse de Schopenhauer

Seule l’histoire ne peut vraiment pas prendre rang au milieu des autres sciences, car elle ne peut pas se prévaloir du même avantage que les autres : ce qui lui manque en effet, c’est le caractère fondamental de la science, la subordination des faits connus dont elle ne peut nous offrir que la simple coordination. Il n’y a donc pas de système en histoire, comme dans toute autre science. L’histoire est une connaissance, sans être une science, car nulle part elle ne connaît le particulier par le moyen de l’universel, mais elle doit saisir immédiatement le fait individuel, et pour ainsi dire, elle est condamnée à ramper sur le terrain de l’expérience. (…) Les sciences (…) ne parlent jamais que des genres; l’histoire ne traite que des individus. Elle serait donc une science des individus, ce qui implique contradiction. Il s’ensuit encore que les sciences parlent toutes de ce qui est toujours, tandis que l’histoire rapporte ce qui a été une seule fois et n’existe plus jamais ensuite. De plus si l’histoire s’occupe exclusivement du particulier et de l’individuel, qui, de sa nature, est inépuisable, elle ne parviendra qu’à une demi-connaissance toujours imparfaite. Elle doit encore se résigner à ce que chaque jour nouveau, dans sa vulgaire monotonie, lui apprenne ce qu’elle ignorait auparavant.

-SCHOPENHAUER

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C’est effectivement le côté de l’histoire que je n’aime pas… Paradoxalement, ceux qui adorent l’histoire, c’est généralement ce point qu’ils aiment!

L’art de faire du faux

L’art n’est pas un métier, c’est une délivrance de l’âme.
Si la délivrance n’est pas, la résultante du travail devient Ça.
Ça n’est alors que pure technique:sans signification intrinsèquement profonde.
Ça se ment alors à lui-même et à tout ceux qui le contemplent.
Mais au fond de lui-même, il gardera toujours son titre de simple (et banale?) création.
Jamais n’aura-t-il l’honneur d’un jour s’appeller, ne serait-ce qu’une seconde, Oeuvre?

Discussion sur le téléchargement

– Bon! Tu télécharges encore de la musique?!
– Bien ouais?
– Bien… Pourquoi fais-tu ça?
– J’aime la musique et j’aime énormément en écouter.
– Tu penses pas que tu devrais l’acheter au lieu de le voler?
– Mais tu crois pas que la musique devrait au contraire être gratuite?
– (Silence)
– Bien oui! Je crois en la culture. Tout ce qui est considéré comme propagateur de la culture mondiale devrait être disponible gratuitement pour tout le monde! Pourquoi le pouvoir d’achat d’une personne devrait justifier le fait que celle-ci n’a pas accès à la culture? Entrer au musée devrait être gratuit, non?
– Ah ben c’est sûr que ça serait bien!
– C’est la même chose pour la musique? Le Gouvernement, avec ses gras millions pourraient sélectionner des artistes représentants de la culture québécoise (par exemple) et leur donner un salaire? Cela éviterait que ceux-ci décident de changer leur style pour mieux vendre des disques. La production de disque serait faite par le Gouvernement et le tout serait gratuit! Bien sûr, l’artiste aurait un salaire de base et pourrait l’augmenter avec les spectacles qu’il ferait.
– Oui mais pour les autres artistes?
– Pour les autres artistes qui ne sont pas choisis par le Gouvernement, ils n’auraient qu’à vendre leurs disques sur le net à un prix dérisoire. Le téléchargement de la musique est une vague que nous ne pouvons plus arrêter maintenant. La seule chose qu’il reste à faire selon moi c’est de s’emparer de cette vague et de l’utiliser comme nouveau médium de diffusion de masse. Pourquoi s’entêter à produire des disques alors que ce sont les consommateurs qui les brûlent eux-mêmes? Les artistes produiraient leurs disques en mp3 et le distribueraient sur Internet. Ainsi, ils doubleraient leurs profits et leurs ventes!
– Ouin, peut-être…
– Libérons la Culture de ses chaînes économiques et faisons-en profiter tout le monde!