Voici pourquoi le tableau blanc interactif est la plus grande arnaque que le monde de l’éducation ait connue à ce jour

Des milliers et des milliers de dollars sont dépensés chaque année dans les commissions scolaires des différentes régions du Québec. Dieu sait qu’en éducation, l’argent ne pleut pas et la majorité des achats faits le sont pour combler une nécessité. Cependant, un cancer gangréneux est en train d’attaquer et de souiller l’esprit des pauvres enseignants qui, sans l’ombre d’un doute, se font embarquer dans ce que je qualifierais de plus grande arnaque que le monde de l’éducation ait connue à ce jour. J’ai nommé le tableau blanc interactif (TBI) ou le SmartBoard pour celles et ceux qui n’en connaissent que la marque. La publicité et les diverses formations sur le TBI convainquent à tort à l’aide de faux arguments qu’il est un outil de l’avenir et qu’il amène une foule d’avantages à l’enseignement. Les enseignant -la plupart complètement ignorants en TIC- tombent dans le panneau de manière éhontée. Il est plus que temps de stopper l’hémorragie!

1. Le TBI ne fait pas gagner du temps aux enseignants

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, le TBI est loin de faire économiser du temps aux enseignants. En effet, à toutes les démonstrations et formations auxquelles j’ai participé, un nombre trop important d’enseignants avaient de la difficulté à aisément manipuler le matériel. Il était fréquent qu’inopinément les outils ne répondent pas correctement aux commandes des utilisateurs ou encore qu’ils provoquent des réactions inattendues. De plus, certaines fonctionnalités du TBI offrent la possibilité d’écrire directement au tableau du texte à la main et de transformer ce même texte manuscrit en texte dactylographié. Le processus est quelconque, nécessite des manipulations logicielles supplémentaires, est chronophage et donne un résultat qui, dans la majorité des cas, demande à ce qu’il soit de toute façon corrigé à l’aide du clavier. Une vraie perte de temps et d’énergie!

De plus, les problèmes reliés à la manipulation de l’outil feront en sorte de causer la perdre de l’attention de la classe plus facilement. Je doute que ce soit le désir des enseignants que d’avoir une source de problème de gestion dans sa classe! Certains peuvent être masos, c’est une question de préférence, semble-t-il…

2. Le TBI empêche les gens de voir si nous sommes devant

Le tableau a un terrible désavantage, on doit être devant lui pour l’utiliser.
À cet égard et soit dit en passant, le «tableau vert» ne fait pas meilleure figure non plus. Là où je veux en venir, c’est que le TBI n’améliore en rien le défaut du bon vieux tableau vert.

3. Le TBI coûte cher

En effet, certains TBI peuvent coûter jusqu’à 3000$! Ça ne vaut vraiment pas la peine de payer un montant aussi grand pour une si petite différence d’avec les fonctionnalités d’un canon projecteur! Quand on pense qu’il serait possible de posséder environ 3 à 4 canons projecteurs pour le prix d’un seul TBI!

4. Le TBI est moins rapide et précis qu’une souris d’ordinateur

Après avoir vu des gens expérimentés avec un TBI, je me suis tout de suite rendu compte que la grande majorité des manoeuvres exécutées sur ce dernier étaient d’une lenteur et d’une maladresse inouïe! Dans l’exécution de manipulation où l’on doit faire preuve de finition, il faut régulièrement calibrer le tableau ou encore repositionner son crayon de manière à ce qu’il pointe au bon endroit. Le TBI a donc tout à envier à la bonne vieille souris qui est en tout point plus rapide et plus précise.

Par contre, je mettrais un bémol sur ce point: l’écriture manuscrite est beaucoup plus facile à exécuter avec un crayon sur le TBI qu’avec la souris. Mais cet argument seul ne pourrait pas faire le contrepoids, car il existe un outil encore plus performant que le TBI pour écrire à la main: la tablette graphique! En plus de moins fatiguer les épaules et les bras, la tablette graphique donne toute la dextérité fine de la main au service même de l’acte d’écrire ou de dessiner.

5. Il n’y a aucune utilisation réelle de l’outil, seulement des logiciels

Avec l’installation d’un TBI vient souvent l’installation d’un ou de plusieurs logiciels. J’ai eu la chance de voir l’un d’eux qui s’appelle NoteBook (installé avec le SmartBoard). Je dois dire que NoteBook offre des fonctionnalités intéressantes pour un enseignant, notamment en mathématique (la suite mathématique est vendue séparément). Par contre, NoteBook est un logiciel qui ne requiert pas nécessairement un TBI. Tout ce qu’il apporte comme avantage est utilisable à l’aide d’un clavier et d’une souris. Donc, l’amélioration locale ne se fait pas au niveau du «hardware», mais bien au niveau du «software». Le logiciel seul comblerait les attentes de bien des enseignants. Bref, le TBI en tant que tel reste complètement inutile.

6. Le TBI encourage des méthodes archaïques et désuètes

Ne sommes-nous pas à l’ère du paradigme de l’apprentissage et non de l’enseignement? Qu’est-ce qui est important: ce que l’on enseigne ou ce que nos élèves apprennent? Je crois que le TBI encourage le fait de donner un cours, ce qui est une méthode considérée comme dépassée et archaïque. L’interaction que l’élève a avec le TBI n’est qu’une version informatique de ce que le bon vieux tableau vert nous offre depuis des centaines d’années. Le TBI n’apporte donc pas d’amélioration réelle dans l’apprentissage chez les élèves: rien qu’un canon-projecteur ne puisse pas faire.

*** En somme, je crois fermement que l’engouement pour le TBI est complètement injustifié et injustifiable. J’ai l’impression que les enseignants qui sont attirés par cette technologie ont peu de connaissances en informatique et comprennent mal à quel point le TBI n’améliore en RIEN l’apprentissage des élèves. En contrepartie, l’acquisition d’un canon projecteur dans une classe est cependant indispensable! Je tiens à le souligner, car certaines personnes pourraient, en toute ignorance et incompréhension, les confondre.

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