Un texte du Devoir

Wow, voici une lettre d’opinion, copiée-collée, de deux étudiants en deuxième secondaire avec qui j’aurais beaucoup de plaisir à jaser du TBI.

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Libre opinion – Nouveau gaspillage de fonds en éducation

Raphaëlle Élément et Félix Tremblay – Étudiants de la deuxième année du secondaire
11 mars 2011

Récemment, le gouvernement de Jean Charest annonçait son intention d’installer un projecteur ainsi qu’un tableau blanc interactif (TBI) dans les 43 000 classes du Québec, du primaire au secondaire. Faisant tous deux partie d’un programme utilisant l’ordinateur et les nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) en classe à l’école secondaire, nous avons jugé pertinent de partager notre opinion et notre expérience quant à cette initiative. Notre école possède depuis l’an dernier l’un de ces fameux tableaux interactifs. Puisque notre établissement scolaire n’en possède qu’un, seuls quelques enseignants de mathématiques utilisent cet outil pédagogique coûteux. Essentiellement, ils s’en servent pour corriger avec les élèves divers devoirs et exercices ainsi que pour afficher leurs notes de cours. Certains de nos autres professeurs font de même avec d’autres outils ou avec un bon vieux tableau noir. Pour son coût de 3000 $ avec le projecteur qui l’accompagne, le tableau est rarement irremplaçable.

Notre expérience nous montre qu’une seule fois, au moment où on a étudié la translation et la rotation en première secondaire, le tableau a été indispensable. Autrement, est-il vraiment utile d’en posséder un pour enseigner les mathématiques? Par ailleurs, il faut suivre une formation complète pour bien saisir le fonctionnement de l’appareil. De plus, préparer des cours stimulants et instructifs exige de vastes connaissances dans le domaine informatique, sans prendre en considération les deux ou trois heures nécessaires pour créer un cours. Sachez qu’une année scolaire comprend de 40 à 160 cours selon la matière. Avec la tâche déjà très lourde pour les enseignants, ces derniers n’arriveront pas à concevoir des cours utilisant des TBI toute l’année. Entre les jeunes et le tableau blanc subsiste une interaction à fréquence quasi nulle. C’est-à-dire que les élèves n’y touchent jamais. Cette problématique est liée à la complexité de son utilisation, mais aussi au fait qu’afin que le contact entre le tableau interactif et les élèves soit possible, des manettes et d’autres instruments sont essentiels.

Cet ajout augmentera la facture d’environ 2000 $ pour chaque tableau. Si l’on se base sur l’expérience que l’on détient à titre d’élèves, un simple projecteur de marque ordinaire peut amplement remplir les exigences peu élevées des étudiants et des enseignants. Imaginez le nombre titanesque de gens qualifiés que nécessitera l’installation d’un TBI dans environ 43 000 salles de cours! Et les enseignants, il faudra aussi les former quant au mode de fonctionnement de ces tableaux interactifs. Réussir à dénicher le bon nombre de techniciens en informatique pour remplir cette lourde tâche et du temps pour le faire constituera un défi de taille. Selon nous, cette portion du budget gouvernemental devrait être consacrée ailleurs dans le domaine de l’éducation. Ce dernier en a bien besoin.

Nous trouvons scandaleux le fait que le ministère passe du temps à bâtir un projet comme celui-ci comparé aux problèmes grandissants, les vrais, qui se font sentir dans nos écoles prêtes à s’effondrer. Dans le cadre de son discours d’ouverture de l’actuelle session parlementaire, M. Charest a annoncé ce projet en identifiant clairement son but: réduire significativement le taux de décrochage scolaire. Il faut être complètement déconnecté de la réalité présente dans les maisons d’éducation québécoises pour croire qu’on réglera ce problème en mettant «une grosse bébelle» devant les élèves. Raphaëlle Élément et Félix Tremblay – Étudiants de la deuxième année du secondaire.

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Si cela vous intéresse, vous pouvez lire ici le blogue de Félix Tremblay.

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